L'interview de l'équipe UMEO

L'interview de l'équipe UMEO

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Récemment, l'équipe UMEO a été interviewé par l'équipe de l'i-Cog.La voici...

- Pour quelle raison vous êtes-vous lancé dans l’aventure UMEO ? Quelle est votre histoire ?

Comme beaucoup, lorsque nous avons débuté nos prises en charge de jeunes psys (psychologues et psychiatres composent l’équipe de réflexion pour les produits UMEO), nous nous sommes retrouvés face à un manque d’outils flagrant. Nous ne parlons pas, bien entendu, d’outils d’évaluations, de termes ou de techniques de prise en charge, mais d’outils matériels, concrets, physiques, utilisables en cabinet avec les patients. Il existe bien des centaines de questionnaires qui testent presque tout ce que quelqu’un peut avoir en tête, mais la question était toujours la même : « maintenant que je sais que mon patient à un score de 24 sur cette échelle, j’en fais quoi ? ». L’évaluation est assez développée en psychologie et en psychiatrie, mais l’utilisation concrète d’outils, très peu, contrairement à de nombreuses autres professions médicales ou paramédicales (kinés, orthophonistes, etc.). Alors, ensemble nous réfléchissions pour créer nos propres outils, avec les moyens du bord (carton, feutres, scotch, etc.), mais cela ne faisait pas très crédible une fois présenté aux patients, ça manquait de professionnalisme. Aussi, nous avons décidé de tenter l’aventure UMEO et d’éditer du matériel bien fait, avec un design travaillé, et bien entendu puisque nous sommes beaucoup de chercheurs dans l’équipe, en utilisant une méthode scientifique dans la création elle-même. Dans la mesure où le développement de produits est coûteux, nous avons alors envisagé de vendre ces produits, en nous disant que chacun pourrait ainsi utiliser du matériel professionnel à moindre coût puisque UMEO fait le travail en amont. Cependant, comme nous aimons le préciser, nous développons aussi des produits qui ne nécessitent pas de grosses productions, que nous proposons gratuitement sur notre site, car, notre vocation n’est pas de « faire de l’argent », mais bel et bien d’aider patients et psychothérapeutes.

- A destination de quel public ?

Notre public est l’ensemble des psychothérapeutes, quelles que soient leur « obédience » et leurs pratiques. Bien entendu, nous nous reposons sur les méthodes et principes généraux de la psychopathologie expérimentale et scientifique, mais notre but est de créer du matériel utilisable par tous, du matériel qui apporte professionnalisme et efficacité, qui fait gagner du temps. Quelle que soit l’obédience, une pensée dysfonctionnelle est une pensée dysfonctionnelle, le patient en souffre. Si nous pouvons créer un matériel qui permet de la repérer plus rapidement et de proposer une première solution au problème qu’elle pose, alors nous le créons. Ensuite, chaque utilisateur peut adapter ce matériel à sa propre pratique, à ses propres techniques. Pour certains de nos produits, notre public cible est aussi le grand public (c’est par exemple le cas du manuel « Je gère mes peurs », ou du tableau « mes nouvelles habitudes »). Nous savons que pour quelques problèmes « simples », les gens hésitent à consulter et peuvent souvent être aidés par quelque chose de très « simple » aussi. Par exemple, plusieurs parents ont acheté notre tableau « mes nouvelles habitudes » qui n’est rien d’autre qu’un tableau de renforcement avec un beau design, qui se colle magnétiquement sur le frigo, qui est composé des bonnes cases aux bons endroits. Avec la notice, ils ont pu comprendre qu’on obtient souvent plus de résultats avec des récompenses qu’avec des punitions. Le simple fait d’avoir ce tableau leur a permis de parler de certains comportements problèmes avec leur enfant et d’envisager des solutions efficaces qu’ils n’avaient pas encore essayé et qu’ils ne seraient pas allés chercher chez un psy dans un premier temps. Nous savons tous qu’il faut que les comportements de l’enfant se dégradent fortement avant que les parents n’aillent consulter. Nous avons eu de nombreux retours et témoignages positifs sur ce produit. Mais, à l’instar de ce produit, tous nos produits grand public sont aussi des aides à la psychothérapie faite par un professionnel, engager les patients en leur disant « vous irez sur www.umeo-store.com pour acheter le manuel « je gère mes peurs », et la prochaine fois nous pourrons voir ensemble comment appliquer concrètement une technique efficace à vos difficultés. », a des vertus indéniables.

- Quel type de professionnel pourrait être intéressé par vos produits ?

Nos clients sont essentiellement des psychothérapeutes de quasiment tous les courants, ils travaillent aussi bien en cabinet privé qu’en institutions, dans des collectivités, des associations, etc. Plusieurs centaines de personnes nous ont déjà fait confiance en moins d’un an de mise sur le marché de nos produits et nous avons eu énormément de retours positifs. Des personnes du grand public ont aussi commandé des produits grands publics spontanément, sans être passées par la case psy. Nous comptons aussi parmi nos clients des médecins généralistes ou d’autres spécialités que la psychiatrie. Nos affiches à mettre dans les cabinets (en produits gratuits) ont eu beaucoup de succès chez ces médecins, mais aussi au sein d’association, chez des infirmiers, etc. Nous travaillons aussi avec des professionnels de l’éducation pour développer des produits que les enseignants pourraient utiliser facilement avec les enfants (ce sera une surprise du milieu de l’année 2016). Mais notre but reste d’aider les psychothérapeutes dans leur activité.

- Qu’est-ce qui fait l’originalité de vos produits ?

Pas grand-chose en réalité, mais de petites choses qui nous paraissent essentielles.

- Un visuel et une finition d’abord : qui apportent de la crédibilité au professionnel. Utiliser un produit de bonne facture plutôt qu’une feuille mal photocopiée change de nombreuses représentations. L’air de rien, l’utilisation d’un produit comme le sous-main d’analyse métacognitive SRC, permet de rendre plus concrète et plus sérieuse l’analyse d’un comportement et de ses composantes aux yeux du patient. Cela rend l’analyse fonctionnelle plus facile et apporte une crédibilité et une assurance que beaucoup de psychothérapeutes recherchent et nous (l’équipe UMEO) en premier. C’est bien pour cela que nous l’avons créé.

- Un sérieux dans la création : Pour un produit comme AlternaCog, nous avons une méthode de création stricte. Globalement, nous commençons par décortiquer les pensées dysfonctionnelles que les patients expriment le plus et les alternatives générales qu’ils sont capables d’émettre. Nous réunissons ensuite notre conseil d’expert collaborateur qui va relire, analyser, donner un avis constructif. Nous construisons des prototypes que nous testons, avant d’arriver à une version finale que nous allons produire. Ce sérieux est nécessaire à la qualité de ce que nous proposons.

- Des outils ludiques : Très loin de la caricature des séances avec le psy allongé sur un divan, nombreux sont les patients surpris lorsque le thérapeute sort un jeu de cartes pour travailler les pensées. Au-delà de cette surprise, le réel intérêt est que certains exercices thérapeutiques deviennent alors des jeux pour les patients ce qui est bien plus motivant. De plus, le fait pour le patient de retrouver dans les cartes qu’il a en main des pensées qu’il a, mais qu’il n’ose avouer ou qu’il pense être la seule personne sur terre a avoir le rassure et lui donne le sentiment d’être compris. Enfin, le simple de fait d’avoir des pensées en main offre d’emblée une prise de distance et une mise en perspective salutaire.

- Un matériel « transdiagnostique » : nous proposons des produits qui peuvent correspondre à de nombreux patients, quel que soit leur trouble. Nos produits n’enferment pas dans un carcan d’appartenance théorique ou de nosographie, ils s’adaptent à chaque cas particulier, à chaque patient. Ils permettent d’ouvrir des discussions sur de nombreuses problématiques et de manière très rapide avec le patient. Bien entendu, cela dépend de ce qu’en fera le thérapeute.

- Une diversité des possibilités d’utilisation. DisCog par exemple, peut être utilisé en simple test, mais est aussi une bonne base de psychoéducation, car les processus sous-jacents à chaque pensée sont expliqués sur les cartes. Il permet aussi un travail en restructuration cognitive, car la première alternative proposée accompagne la formulation d’autres alternatives.

- Une facilité d’utilisation. Ce sont des « petites choses » que l’on range dans un tiroir et que l’on ressort à l’occasion de tel ou tel patient. Il n’y a pas besoin d’une installation coûteuse ni compliquée. De plus, nous faisons tout pour que nos produits soient financièrement abordables. Si l’on reprend l’exemple d’AlternaCog, pour moins de la moitié du prix d’une consultation, vous pouvez avoir un produit qui fait « pro » et que vous pourrez utiliser des années avec autant de patients que vous le désirez, pas besoin d’acheter des mises à jour, de cahiers de passations, etc. Pour quelques euros, vous pouvez offrir à chacun de vos patients un carnet dans lequel il retrouvera les étapes de sa thérapie, il comprendra ce qu’il lui est demandé et pourquoi, c’est un atout important (en plus, nous savons que plusieurs clients facturent en fait nos carnets à leurs patients ou leur font acheter leur propre outil pour qu’ils puissent l’emmener partout et y réfléchir même en dehors du cabinet, ce qui fait qu’en réalité, cela ne coûte rien au thérapeute).

- Une meilleure gestion du temps. Aux dires de certains clients, ce qu’ils apprécient le plus dans nos produits c’est la gestion de la variable « temps », pour deux raisons. D’abord, nos produits permettent d’être plus efficaces et plus rapides sur certains points. Un produit comme le sous-main premier entretien permet d’être plus rapide et plus efficace, on a sous les yeux les questions essentielles qu’il ne faut pas oublier de poser, quel que soit l’ordre dans lequel on les pose, sans empêcher le patient de livrer ce qu’il a à livrer. Ensuite, nos produits permettent aussi ce que nous appelons des « parenthèses thérapeutiques ». Pendant quelques minutes, le patient fait un exercice précis, la séance de prise en charge se trouve alors plus structurée et semble moins compliquée pour le patient, comme pour le thérapeute. Certains utilisent des jeux comme « rituel de fin de séance », nous avons aussi quelques collègues qui nous avouent facilement que quand ils sont bloqués momentanément avec un patient, ils ont maintenant le réflexe de sortir un jeu de cartes UMEO (parmi tous ceux que nous proposons déjà et que nous proposerons bientôt) et de faire un exercice. Cela leur permet de remettre leurs propres idées au clair, car le patient est occupé sans besoin d’interaction avec le thérapeute pendant quelques minutes (le temps dépend de la façon de les utiliser), puis de reprendre la séance sur d’autres bases et ainsi de la faciliter. En résumé, les outils UMEO permettent d’offrir aux thérapeutes un matériel professionnel, adapté et de qualité, qui permet parfois d’apporter un peu de ludisme à la prise en charge.

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